14 novembre 2008

"La première couche, la deuxième couche !"

Il est près de minuit, à Guangzhou (canton), et mon beau-frère Zhihao propose tout à coup de nous emmener goûter et acheter... du thé. Pourquoi pas, je suis désormais habitué à l'étonnement, alors allons-y ! Nous débarquons donc, au milieu de la nuit, dans une petite boutique de thés dont les murs sont couverts de bocaux, de cartons, de "galettes de thé compressées ", et où siègent le patron, trois jeunes employées (l'heureux homme) ainsi qu'un client. Dès notre arrivée on nous fait de la place autour de la table basse, car Zhihao est un véritable amateur doublé d'un habitué des lieux. Et là, pendant que les deux premières emballent du thé dans des petits sacs pour l'acheteur précédent, la troisième jeune femme, assise sur son tabouret droite comme un i , commence sa chorégraphie : Elle nous prépare un thé choisi par Zhihao, d'une manière très précise et légère : la "gong fu", que l'on pourrait traduire par l'art d'agir avec application. Cette méthode conviviale a pour but d'exhaler les arômes du thé de façon progressive. Je vous laisse apprécier ce moment de grâce et de bonne humeur, avec en voix off, les explications de Ming. En fait, nous avons continué ainsi un long moment, goûtant et humant à tout va. Cela peut paraitre curieux, mais c'est un de mes meilleurs souvenirs de voyage : L'effet de surprise, l'accueil, l'ambiance de cette boutique illuminée parmi les ténèbres d'une ruelle perdue, les odeurs des feuilles de thé mêlées au tabac, les discussions animées... J'avais l'impression d'être au cœur de la Chine, de croquer pleinement dans une tranche de vie. C'était chouette !

03 novembre 2008

Les feux de l'Amour

Si vous manquez cruellement d'imagination, mais que vous souhaitez à tout prix monter un commerce en Chine, deux choix qui s'imposent à vous, car ils sont au cœur de la tradition populaire : Soit vous montez un restaurant, car toute la vie sociale de ces oiseaux-là passe par là, soit vous vous lancez comme...photographe de mariés ! En effet partout où je suis allé, et même dans des endroits quelque peu isolés, pas une petite ville sans son(ses) studio photo dédié. Il semblerait que se marier sans faire un album photo gros comme le bottin serait un peu comme si, à un mariage français, on oubliait de faire "la chenille" : une hérésie. Mais attention, ici nous parlons de photo professionnelle de grande envergure, de vidéo, de mise en scène, pas du petit photographe qui vient discrètement saisir des moments heureux du mariage. Non, en chine, le monsieur se déplace avec son éclairagiste, ses assistants, ses réflecteurs et compagnie. Et c'est ainsi que l'on voit, sur les "spots" les plus connus du coin, les mariés en costumes prendre des poses dignes de la collection Arlequin. C'est très amusant à voir, surtout quand vous croisez dix mariées à l'hectare, ou un couple perdu au milieu de la pampa ! Je vous le dis, les chinois sont hyper "fleur-bleue" et c'est adorablement kitsch. Comment ai-je pu échapper à ça ?

26 octobre 2008

On a retrouvé le poinçonneur...


Une des choses qui m'ont le plus frappé en chine, lors de mes deux périples, est certainement la multitude de petits boulots qui y subsistent. Les chinois sont nombreux, nous le savons tous, et il faut bien trouver du travail. Alors on rencontre des métiers oubliés dans nos contrées, comme des receveurs dans les bus de ville, des dames-pipi dans les toilettes publiques, et les magasins sont remplis de vendeurs(euses), et ce quelque soit leur taille (des magasins, pas des vendeuses). Je me souviens par exemple d'un petit commerce de bonbons où elles étaient 4 à attendre le client, une à chaque coin du magasin ! Ming a développé une théorie à ce sujet : plus tu as de vendeurs, plus ton magasin est prospère et donc de qualité ! Évidemment, à une grosse centaine d'euro l'employé, c'est plus facile...
Et c'est pareil partout, pas un seul restaurant (je ne parle pas des boui-boui) sans sa brigade de filles à l'entrée pour vous ouvrir la porte/vous mener à la table/ ou même juste vous souhaiter bienvenue ! La rue également fourmille de petits marchants ambulants qui vendent de tout et n'importe quoi, des fruits et légumes, des brochettes, des tortues (!), des lunettes etc. Enfin on se rend compte que rien ne se perd en Chine et on voit souvent des personnes qui sillonnent les trottoirs pour récupérer auprès des boutiques qui des cartons, qui des bouteilles et canettes, qui des boites d'œuf, ou de la ferraille, comme sur cette video prise au péril de ma vie, au milieu de la fourmilière (j'ai failli me prendre un beau gadin avec le scooter arrivant en sens inverse ) ! Je ferai d'ailleurs un billet sur la conduite à la chinoise, ça vaut le détour.

20 juillet 2008

La nourriture (1) : Tout se mange !

Un adage chinois énonce clairement : "on mange tout ce qui a des pattes sauf les tables, et tout ce qui a des ailes sauf les avions". J'ai pu le vérifier et il suffit de se ballader sur les marchés pour voir toute sortes de bizarreries, que nous autres mangeurs d'escargots et de fromages aux odeurs improbables, ne pouvons que considérer comme outrageusement choquantes !
Ainsi, une fois passé devant les étals de serpents à Guangzhou, ou de viande sêchée de Yack dans le Sichuan, on peut vite se retrouver dans le délire absolu comme à Pékin où vous trouverez une multitude de jolies brochettes, comme ces appétissantes étoiles de mer et ces jolis hippocampes (désolé pour le flou)...
Enfin pour les plus aguerris, n'hésitez pas à goûter notre délice de vers à soie (ci-contre), notre fricassée de criquets, et surtout, cette magnifique brochette qui m'a glacée le sang, surtout quand je me suis approché pour faire la photo, et que les bestioles bougeaient encore dessus ! j'ai fait un bond d'un mètre en arrière !
Toutes ces jolies brochettes sont passées à la plancha, et croustillent sous la dents : enfin je ne peux que le supposer, car je n'ai pas eu le cran d'y gouter.
Quant au chien, j'ai eu un plat sous le nez (genre ragout) lors d'un repas au restaurant à Dalian (dans le nord), mais ma dulcinée m'a interdit d'en prendre, par respect pour Fugwaï le chien de sa soeur, et mon rival le plus dangereux dans le cœur de Ming !!. Aujourd'hui je regrette de ne pas avoir essayé, et j'attends mon prochain séjour pour y remédier, c'est promis, je vous raconterai !

15 janvier 2008

Les invasions barbares...

Départ de Beijing en voiture à 5h30 du matin (!) pour être à l'ouverture du premier site, Mutian Hu, un ancien poste de garde, où sejournait en permanence une garnison de soldats. Cet endroit est si haut qu'il faut prendre un téléphérique pour l'atteindre, à moins de se fader 1500 marches... Nous sommes malheureusement arrivés en plein milieu d'un brouillard que même un ecossais envierait. D'abord décu, car privé du panorama montagneux environnant, je me suis vite laissé gagné par l'ambiance fantasmagorique , voire inquiétante des lieux, m'attendant à voir surgir de la brume silencieuse la horde sauvage des cavaliers mongols de Gengis Khan !

Après être redescendus à pieds (!) , nous sommes allés à Huanghua shang, un site récemment réhabilité, et encore peu fréquenté ; ici, le brouillard a eu la gentillesse de se lever quelque peu, et j'ai pris une grande giffle devant cet édifice qui épouse la crête des montagnes à perte de vue, tel un serpent gigantesque. Ce qui est très très impressionnant également c'est que par endroit la pente est si forte qu'il faut s'aider des mains pour avancer, et on est vite pris de vertiges ! Un souvenir impérissable, vraiment, et j'aimerais bcp y retourner pour faire carrément une randonnée d'une journée sur le dos du Dragon !

Aujourd'hui les barbares sont des armées de touristes qui envahissent la muraille, et s'il est parfois difficile de la visiter en paix, leur venue permet au moins de la restaurer !